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Bonjour,

Ce blog est un outil de dialogue pour toutes celles et tous ceux qui, comme moi, sont intéressés par la vie politique et partagent les valeurs républicaines, sociales, européennes et de laïcité qui ont fondé la République et animent notre démocratie. Il nous permettra de commenter ensemble l'actualité et de formuler des réflexions et des propositions destinées à nourrir les projets futurs.

Dialogue et débat font avancer la société mais aussi chacune et chacun d'entre nous. Y participer est donc un acte positif comme citoyen et également à titre personnel. C'est de ce type d'engagement dont notre République a désormais besoin, pour vivre et pour être à nouveau un lieu de confiance entre le peuple et ceux qu'il a élus.

Nous aborderons tous les thèmes dans cet espace, actualité, vie politique bien sûr, mais également vie quotidienne, consommation et grandes questions de société.

A bientôt,

Philippe GOYER

Lundi 21 août 2006

"J'ai été orientée" dit Samia. Elle est en 3ème et vient, à l'issue de l'année scolaire d'être dirigée vers l'enseignement professionnel.

Ecoutons maintenant Karim : "A la fin de la Seconde, je ne savais pas quoi faire, alors je suis allé en 1ère S."

Enfin, c'est au tour d'Audrey de s'exprimer : "Je suis allée aux journées portes ouvertes de l'IUT, l'équipe m'a paru sympa, alors c'est comme ça que j'ai choisi."

Ces trois exemples saisis sur le vif montrent que quelque chose ne va pas bien avec l'orientation des jeunes, que ce soit au collège, au lycée ou à l'Université. Leurs parents le disent, ils considèrent que le choix des études est très important mais tous sont inquiets à ce sujet. Comment les rassurer ?

Tout d'abord, l'enseignement général n'est pas la seule voie pour s'épanouir. Doit-on regretter d'être un bon artisan ? Est-il honteux d'être plombier, boulanger, charpentier, menuisier ... ? Les métiers et l'apprentissage doivent retrouver la réputation de noblesse qu'ils n'auraient jamais dû perdre. Les médias ont leur  rôle à jouer dans ce domaine.

Ensuite, il faut favoriser la flexibilité des parcours de formation. Voici Jérôme : après un CAP de menuiserie, il a poursuivi sa formation en apprentissage par un BEP, puis un Bac Professionnel. Après avoir exercé son métier pendant 4 ans, il décide toujours en apprentissage d'entreprendre un BTS. Il réussit et c'est alors qu'il intègre une école d'ingénieur par alternance. Jérôme s'apprête donc, à 30 ans, à occuper un poste d'ingénieur dans une grande entreprise de menuiserie. Ses compétences acquises par l'expérience feront de lui un professionnel recherché. Ce n'est pas un exemple isolé et son moteur est une motivation constante et une passion pour un métier toujours entretenue.

Enfin, Ecole et Université doivent être insérées dans la vie économique. Sans démagogie, mais sans tabou non plus on doit davantage associer les acteurs éconnomiques (entreprises, agences de développement, de recherche ...)  aux formations. Une nouveauté ? Non, il existe des filières qui le font depuis 40 ans : les IUT. Leur réusite est indiscutable. Ecole et Université doivent cesser d'être l'alma mater superbement isolée pour être une une composante de la société.

Pour que l'Entreprise n'ait plus peur de l'Ecole et de l'Université. Pour que l'Ecole et l'Université ne se méfient plus de l'Entreprise.

Pour que Samia, Karim et Audrey  comprennent et choisissent avec sérénité et en toute objectivité leur orientation.

Pour que chaque élève, étudiante ou étudiant construise son projet professionnel avec motivation.

Pour tous aient confiance en l'avenir.

Pour que demain soit un espoir.

par Philippe GOYER publié dans : Société
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Jeudi 17 août 2006

Le climat de notre planète change.

C'est visible, c'est rapide et c'est grave. Nous devons agir ; quels sont nos leviers ?

Le principal levier est l'évolution de notre comportement de consommateurs. Ce mouvement est en cours et relève du réflexe citoyen de chacune et de chacun de nous  : tri de nos déchets, modération de notre consommation d'eau... Tout ceci se situe dans le cadre d'une législation européenne cohérente et en avance sur celle de beaucoup d'autres pays. Toutefois ceci reste insuffisant, des progrès importants nous attendent.

La principale cause du réchauffement de la planète est le rejet excessif de CO2. La quasi-totalité des secteurs économiques sont concernés avec une prépondérance particulière de ceux des transports et du bâtiment. Leurs habitudes peuvent changer, mais les seules recommandations auront un effet modeste. L'Etat doit-il alors intervenir de façon directe ?

Plutôt libéral, je suis a priori plus favorable à une alliance de responsabilité individuelle et de solidarité qu'à une régulation de l'économie par l'Etat. Mais le changement climatique de la planète est un enjeu d'une ampleur et d'une urgence si grandes, que l'intervention de l'Etat est pleinement légitime. Quelle forme peut-elle prendre ?

Les solutions conduisant à une diminution importante des émissions de CO2 n'existant pas toutes, un important effort de R & D sera donc nécessaire et engendrera une participation importante de l'Etat. Cet accroissement des dépenses peut être financé par une écotaxe ; cette taxe majore d'autant plus fortement un produit ou un service qu'il engendre un niveau élevé d'émissions de CO2, ou plus généralement en fonction de son écobilan.

Cette taxe permettra rapidement de conduire à de "bonnes pratiques" environnementales : ferroutage, diminution du nombre de véhicules à haut niveau d'émission en CO2, généralisation des bonnes éconceptions de produits et de bâtiments, amélioration du réseau des transports publics, optimisation des circuits logistiques des produits importés et exportés.

Le bouleversement sera majeur mais il est urgent d'agir !

par Philippe GOYER publié dans : Environnement
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Mercredi 2 août 2006

Les femmes sont nombreuses à questionner les différents mouvements politiques à propos de l'égalité homme-femme.  Mais de quelle égalité parlons-nous ?

L'égalité politique ? Certes, un Parlement qui ne compte que 6 % de femmes parmi ses membres n'est pas représentatif. La loi sur la parité devrait  y remédier. Toutefois, on peut regretter que la coercition financière ait dû être le moyen qui initie l'évolution des pratiques.

Mais c'est surtout dans la vie quotidienne que se joue l'égalité entre hommes et femmes. Deux sphères sont concernées : la sphère familiale et la sphère professionnelle. Le lien entre les deux est fort. Ce sont les modes de vie qui doivent évoluer pour permettre une meilleure égalité : juste partage des activités de la maison et de la famille, équilibre entre les conjoints lors des choix de vie liés à la carrière professionnelle de chacun d'eux. Bref, le rythme de vie familial, et à travers lui, la représentation des rôles masculin et féminin sont à reconsidérer. Lorsque l'équivalence homme-femme aura émergé, une étape majeure et décisive aura été franchie.

Concrètement, comment aller vers cette évolution ? L'effort pricipal doit porter sur l'évolution du rythme de vie. Des services de proximité doivent être développés de façon importante : crèches, garde et accompagnement des personnes (malades, enfants, personnes âgées...), achats de la vie quotidienne... Ici nous devons faire confiance au secteur privé. La loi de l'offre et de la demande régulera à la baisse le coût de ces services, d'autant plus qu'ils sont facilités par le CESU (Chèque Emploi Service Universel) récemment mis en place. Ainsi, les tâches traditionnellement dévolues aux femmes, seront équitablement partagées contribuant à un ample mouvement de société. N'oublions pas non plus l'inégalité salariale entre les deux sexes qui doit être corrigée.

Ce mouvement est d'autant plus nécessaire et bénéfique que les revenus sont modestes. La pression la plus forte repose actuellement sur les épaules des femmes aux faibles ressources. Trop souvent elles travaillent à temps partiel ; c'est une obligation et non un choix. Or le coût des services est encore élevé. Il appartient donc à la société, l'Etat par une fiscalité adaptée et les entreprises par une augmentation significative de l'offre des services à la personne, d'initier ce mouvement qui permettra à toutes le femmes d'envisager plus sereinement leur parcours professionnel à temps plein. Cela les conduira, à égalité avec les hommes vers un meilleur épanouissement personnel.

par Philippe GOYER publié dans : Société
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Dimanche 28 mai 2006

Voici une histoire vraie, celle d'une insertion professionnelle réussie d'un jeune diplômé.

Elle concerne un diplômé de l'IUT Bordeaux 1 promo 2005. Sorti 12ème sur 100, son projet professionnel est d'exercer ses compétences dans le domaine de l'analyse des pollutions, en particulier de l'air. Refusé en Licence Professionnelle parce que son dossier est trop bon (!), il s'inscrit alors dans une filière de Licence en rapport avec l'Environnement. Là, il découvre les cours magistraux, les amphis chargés, et préfère se diriger vers une recherche d'emploi. Celle-ci aboutit en trois mois, puisqu'il intègre en janvier 2006 l'établissement marseillais d'un groupe industriel farnçais, dans le cadre d'un CDI. Mais le poste ne répond pas à ses attentes et une nouvelle recherche d'emploi aboutit avant même qu'il ait démissionné pour le conduire vers un grand établissement français de certification et de contrôle correspondant à ses attentes, toujours dans le cadre d'un CDI.

Ceci se passe de tout commentaire ; les ingrédients du succès sont là : cursus sérieusement suivi, diplôme professionnalisant, projet professsionnel identifié, mobilité géographique...

par Philippe GOYER publié dans : Société
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Dimanche 28 mai 2006

Récemment, plusieurs amis, engagés ou non dans la vie politique m'ont fait part de leur doute quant à la représentativité de nos élus. C'est une discussion très intéressante qui pourrait être très longue mais que je souhaiterais esquisser ici. Nos élus nous représentent-ils bien ?

Des élus qui semblent légitimes

Qu'ils soient porteurs d'un mandat national ou local, nos élus le sont dans le cadre de circonscriptions dont les contours évoluent de façon concertée et que nul ne songe à contester. De ce fait la base électorale est globalement satisfaisante. Les scrutins ont lieu dans des conditions garantissant une très bonne publicité des candidatures, et une excellente sérénité du vote. Le financement des partis est désormais réglé par la loi et ne semble plus faire l'objet d'infractions graves. Enfin, la plupart des mouvements politiques ont adopté des règles de fonctionnement internes favorisant une bonne démocratie. De ce fait, on peut affirmer que les conditions minimales d'un fonctionnement démocratique et représentatif sont réunies. Une fois l'élection accomplie, qu'en est-il de l'élu ?

De nombreux élus sont issus de leur circonscription ou, au moins y ont un attachement fort. Les "parachutages" tant décriés dans les années 80 et 90 semblent loin. Il y a donc adéquation entre l'élu et son territoire. Les nouveaux moyens de communication permettent une grande proximité : nombreux sont les députés qui cultivent le lien avec leur circonscription via un blog ou un site internet. Enfin, quel que soit son mandat, l'élu est devenu un acteur économique incontournable, donc un des pivots de la vie quotidienne des électeurs. Il est ainsi amené à exprimer des positions quant à l'implantation d'une activité industrielle, d'une structure commerciale, d'une zone d'aménagement.... Les citoyens le savent et ont de plus en plus recours à leur(s) élu(s) pour influencer une décision.

Tous ces éléments nous conduisent à constater un légitimité plutôt bonne et actuellement renforcée des élus. Toutefois, il existe des limites à cette légitimité.

Une légitimité parfois mise en doute

La première de ces limites est un facteur complètement extérieur à la personnalité des élus : c'est l'évolution des territoires. Peut-on comparer l'assise électorale d'un conseiller général élu dans un canton rural qui regroupe trois ou quatre communes et celle d'un autre conseiller général élu dans un canton d'une grande ville qui en compte six ou sept ? Evidemment non. De ce fait, le lien entre l'élu et l'électeur est très différent et donc la légitimité est, elle aussi, forcément différente.

Un second facteur est la mutation des durées. Le temps politique n'est plus en phase avec le temps économique. Cinq ans, qui est la durée d'une législature, est désormais un laps de temps pendant lequel des mutations fortes interviennent. L'élu de 2007 en fin de mandat n'a donc plus la même légitimité que celle qu'il avait en 2002. Les mandats pourraient-ils être plus courts ?

Enfin, et c'est la critique la plus forte qui est faite, nous assistons à une professionnalisation de la vie politique. Prenons un cas concret : X est élu député, avec Y comme suppléant, puis devient ministre ; Y est donc le nouveau député. Trois ans plus tard, X quitte le gouvernement, suivant les termes d'un accord qu'ils avaient conclu au moment de l'élection, Y démisionne et une élection législative partielle a lieu. La démission de Y n'a donc comme seul objectif que celui de permette à X de retrouver son siège de député. Fait-on dans ce cas fi des électeurs comme certains le craignent  ? Je réponds que non. En effet, nul choix ne leur est imposé. Si cette situation ne leur convient pas, ils peuvent voter contre X. Par contre, pour la circonscripotion concernée, c'est la chance de pouvoir être représentée par un député qui bénéficie de l'aura que lui a conférée ses travaux au ministère. Vision pragmatique me dira-t-on, mais qui est vérifiée très souvent par le fait que beaucoup de députés élus dans ce type de situation résistent aux balancier des alternances, preuve majeure de leur représentativité.

 

Ainsi, la représentativité des élus me paraît bonne, pour le moment, mais risque d'être limitée par le temps : celui d'un mandat et celui du renouvellement trop fréquent d'un même mandat qui affaiblit l'action. Le débat est ouvert...

 

par Philippe GOYER publié dans : Vie politique
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Jeudi 25 mai 2006

Il y a maintenant trois semaines à Lagos, sur une plage où court un important pipeline qui alimente en hydrocarbures cette région, périssaient plus d'une centaine de nigérians qui avaient percé la canalisation afin d'en recueillir un peu de pétrole. Destiné à un marché parallèle, celui-ci leur permettait de subvenir aux besoins de leur famille. Une énorme explosion les a carbonisés instantanément.

Ce drame a suscité quelques photos, un ou deux commentaires attristés puis le silence... L'actualité est cruelle et oublieuse. Pourtant notre plus grand défi, celui qui nous attend, nous les européens et qui attend aussi celle ou celui qui sera élu(e) en 2007 à la Présidence de la République c'est le développement de l'Afrique. On parle souvent de "rupture" de "changement", mais il est là sous nos yeux ce grand changement : changeons notre politique africaine ! Il nous le faut faire de façon urgente : réorganisons les circuits d'aide économique, mettons en place dans ces pays une politique d'organisation du territoire sur une base de développement durable ou plus exactement soutenable et amenons sur ce grand continent qui a tant souffert la démocratie.

Pour que l'on cesse de périr parce que l'on est pauvre...

par Philippe GOYER publié dans : Société
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Mardi 2 mai 2006

Voilà précisément le genre de choses dont l'opinion publique ne veut plus : un emballement médiatique à propos d'informations qui filtrent du cabinet d'un magistrat. Dans les jours qui viennent, il est hautement probable que nous allons avoir d'autres informations qui contrediront les premières...

Jusque là cette affaire n'a qu'une victime clairement identifiée : la vie démocratique. En effet, le désignation hâtive de coupables ne sert que le discrédit dont souffrent déjà beaucoup de nos élus et a pour immédiate conséquence le renforcement de partis qui n'aspirent qu'à la confiscation du suffrage universel.

Soyons exemplaires, faisons confiance à la justice, laissons-la suivre son cours, et n'oublions pas que des partis qui n'ont aucun attachement pour la République ont une audiance qui peut menacer cette République à laquelle nous tenons tant.

par Philippe GOYER publié dans : Vie politique
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Mercredi 26 avril 2006

Tous les analystes vous le diront : un sondage n'a jamais prédit une élection surtout à près d'un an de l'échéance. Toutefois ces sondages sont une indication et dégagent en quelque sorte les grandes tendances de l'opinion. Alors que nous disent-ils ?

L'omniprésence en tête des enquêtes d'opinion de Ségolène Royal à gauche et de Nicolas Sarkozy à droite montre clairement la quête des électrices et des électeurs. Il souhaitent des candidats, et plus généralement, des politiques qui leur parlent de leur vie qotidienne : famille, insécurité, économie ménagère... Au passage cela peut infléchir considérablement la pratique institutionnelle en faisant évoluer singulièrement le contenu du "domaine réservé" du futur Président de la République.

Deuxième tendance : l'action politique est discréditée dans l'opinion comme moyen d'action pour répondre aux grandes questions actuelles, surtout dans la tranche d'âge 18-35 ans. Cette tendance est particulièrement inquiétante car elle a de multiples conséquences : abstention, désertion des partis politiques...

Ces deux constatations mises ensemble nous donnent une indication de ce qu'ils nous appartient de faire lorsque nous militons dans un parti : être à l'écoute des électrices et des électeurs et de leurs préoccupations et surtout reconquérir les jeunes. Retroussons nos manches ! 

 

par Philippe GOYER publié dans : Vie politique
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Mardi 11 avril 2006

La Fédération de la Gironde du Parti Radical Valoisien organisera un « Café Politique » le Mercredi 12 Avril 2006 à 19h00 au : Bar Castan – 2, Quai de la Douane à Bordeaux – sur le thème : « le CPE et la révolte des étudiants »

Ces « Cafés Politiques », qui sont ouverts à tous, ont pour seule vocation d’initier un débat démocratique sur les grands thèmes qui interpellent notre Société.

Compte tenu du succès grandissant de ces rencontres, nous recommandons aux participants d’arriver à 19h00 précises.

par Philippe GOYER publié dans : Vie politique
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Dimanche 9 avril 2006

Le débat sur l'évolution des institutions de la Vème République était inévitable, le voici en pleine lumière désormais après les péripéties de ces derniers jours autour de la loi sur l'égalité des chances. Je livre ici mon opinion sur ce sujet.

Posons le problème

Nos institutions doivent répondre à plusieurs exigences : stabilité, débat, représentativité et dialogue social. Tout d'abord, elles doivent garantir au pouvoir exécutif une grande stabilité afin de lui permettre de mettre en oeuvre le programme sur lequel il aura été élu. Le pouvoir législatif, lui, doit être libéré de la pression du pouvoir exécutif et et se trouver en mesure de discuter, amender et voter les lois dans la sérénité. Par ailleurs, il doit être représentatif de tous les niveaux de décisions locaux. Enfin, nos institutions ont l'obligation de garantir un dialogue social de haute qualité.

La stabilité de l'exécutif : une gageure ?

La stabilité du pouvoir exécutif a toujours été un élément délicat en France. Le problème a été partiellement résolu avec l'adoption du scrutin majoritaire, et simultanément une évolution semi-présidentielle du gouvernement de la France. Il ne s'agit en fait que d'une stabilité en trompe l'oeil, car la durée de vie des équipes gouvernementales, pour être supérieure à ce qu'elle était sous la IVème République, n'en n'est pas moins beaucoup plus faible que celle de nos voisins européens. Soyons pragmatiques : le Président de la République est élu pour la même durée que l'Assemblée Nationale. Ce doit donc être lui, le véritable inspirateur de la politique gouvernementale. Dès lors le Premier ministre n'est que le coordonnateur de l'ensemble des ministres. Conséquemment, le gouvernement n'est alors plus responsable devant le Parlement, qui en retour ne peut plus être dissous.

Garantir la richesse du débat parlementaire

Cette réforme relève du même mouvement les droits du Parlement. Certes, il ne peut plus censurer le gouvernement, mais il gagne un espace de liberté particulièrement opportun qui lui permet de jouer son véritable rôle de législateur. Sans pression de la part  de l'exécutif, il peut pleinement discuter, amender et adopter ou rejeter les lois. On perd alors la notion de "bloc majoriatire" au profit de l'émergence de majorités nées des lois en cours d'examen et guidées par des courants de pensées plus que par des structures partisanes. C'est une évolution et une amélioration de la vie démocratique qui permettrait alors aux nuances de s'exprimer.

Assurer une bonne représentativité

Le Sénat, loin d'être l'anachronisme dénoncé par certains  a prouvé par la qualité de ses travaux l'importance de son rôle. Dans un souci de meilleure représentativité, il pourrait toutefois devenir une Chambre plus "fédérale" avec une importance accordée aux régions plus forte et un mode de scrutin différent qui ferait davantage appel au suffrage universel. A mon avis, ce serait une grave  erreur que de supprimer la Chambre Haute. Le bicamérisme, pour peu qu'il ne soit pas artificiel, c'est-à-dire qu'il ait une assise réelle, ce qui est le cas, présente beaucoup d'avantages en particulier celui de porter un autre regard et, in fine, d'influer sur les décisions et les votes de l'Assemblée Nationale.

Maintenir un dialogue social permanent

Le dialogue social est, de loin, un des points les plus problématiques de la société française actuelle. L'institution qui devrait en avoir la charge, le Conseil Economique et Social, est particulièrement mal considérée par les différents gouvernements et a de ce fait perdu beaucoup de l'influence qu'il aurait dû avoir. Cet organe doit, dans le cadre d'une vision nouvelle de la Vème République redevenir ce qu'il était dans l'esprit des constituants de 1958 : un acteur de tout premier plan ; consulté comme un expert sur les différents projets de loi à caractère économique ou social, il serait à la fois l''initiateur et l'arbitre du dialogue social. Pour cela sa composition doit être particulièrement représentative du tissu social français.

Ainsi, avec des responsabilités clarifiées au sein du pouvoir exécutif, avec une Assemblée Nationale libérée des contraintes que peuvent faire peser sur ses débats le Gouvernement, avec un Sénat préservé et à l'assise électorale élargie et avec un Conseil Economique et Social redevenu le moteur des relations sociales en France, la Vème République peut affronter mutations et défis !

par Philippe GOYER publié dans : Institutions
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