Une réforme nécessaire et un enjeu républicain
Il s'agit d'un travail nécessaire, car le régime de retraite actuel est en déficit : 10,7 milliards d'Euros pour la seule année
2010 pour le régime général, 32,3 milliard d'Euros pour l'ensemble des régimes. Ce besoin de financement est appelé à augmenter. Les prévisions du Conseil d'Orientation des Retraites (Rapport du COR du 14 Avril 2010) font état, pour 2020, d'un déficit compris entre 40,7 et 48,8 milliards d'Euros.
Pourquoi un tel déficit ? Notre système de retraites est fondé sur le principe de la répartition. En clair, les salariés
d'aujourd'hui paient les pensions des retraités d'aujourd'hui. Une démographie dynamique favorise ce système. La situation est, aujourd'hui, bien différente : démographie en baisse (le rapport
salariés/retraités s'effrite), allongement de la durée de la vie en sont les aspects structurels. Un aspect conjoncturel s'est ajouté, celui de la crise de 2008, qui a engendré une baisse du
volume des cotisations et accéléré le déficit.
Doit-on, alors, remettre en cause le système de retraite par répartion ? Un tel principe fonde la solidarité entre les
générations.
Les clefs de la réforme
Si l'on veut assurer l'équilibre de ce système trois degrés de libertés existent a priori :
-
diminuer le montant des pensions de retraite
-
augmenter le montant des cotisations
-
augmenter la durée de cotisation
Les deux premiers leviers apparaissent immédiatement comme socialement injustes et, de plus, économiquement très pénalisants, en obérant de façon
significative la compétitivité des entreprises.
Pour être équitable et juste cet allongement de la durée de cotisation doit bien évidemment prendre en compte la pénibilité du
travail. C'est là une clef intéressante. Intéressante non seulement pour assurer le besoin de financement du système de retraite
mais également comme facteur de cohésion entre les générations au sein de l'entreprise. Pourquoi la France est-elle en Europe si mal placée en ce qui concerne l'emploi des plus de 55 ans ? C'est
non seulement un enjeu pour le système de retraite mais c'est également un enjeu pour notre société. Beaucoup d'aînés aiment leur travail et sont heureux de pouvoir, avant leur départ,
transmettre aux plus jeunes leur savoir-faire et leur expérience, en un mot leur métier.
Un débat politique ?
Bien sûr, tout ceci revêt une dimension politique, on peut s'en féliciter, ou politicienne, ce qu'on peut, en revanche regretter.
L'UMP a décidé d'organiser une série de débats publics, placés en Gironde sous la direction d'Alain Juppé, permettant de libérer la parole et de favoriser les échanges sur cette réforme
importante.
Souhaitons qu'en France l'opposition s'inspire rapidement de cette position de sagesse.
Dimanche 2 mai 2010
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