"J'ai été orientée" dit Samia. Elle est en 3ème et vient, à l'issue de l'année scolaire d'être dirigée vers l'enseignement professionnel.
Ecoutons maintenant Karim : "A la fin de la Seconde, je ne savais pas quoi faire, alors je suis allé en 1ère S."
Enfin, c'est au tour d'Audrey de s'exprimer : "Je suis allée aux journées portes ouvertes de l'IUT, l'équipe m'a paru sympa, alors c'est comme ça que j'ai choisi."
Ces trois exemples saisis sur le vif montrent que quelque chose ne va pas bien avec l'orientation des jeunes, que ce soit au collège, au lycée ou à l'Université. Leurs parents le disent, ils considèrent que le choix des études est très important mais tous sont inquiets à ce sujet. Comment les rassurer ?
Tout d'abord, l'enseignement général n'est pas la seule voie pour s'épanouir. Doit-on regretter d'être un bon artisan ? Est-il honteux d'être plombier, boulanger, charpentier, menuisier ... ? Les métiers et l'apprentissage doivent retrouver la réputation de noblesse qu'ils n'auraient jamais dû perdre. Les médias ont leur rôle à jouer dans ce domaine.
Ensuite, il faut favoriser la flexibilité des parcours de formation. Voici Jérôme : après un CAP de menuiserie, il a poursuivi sa formation en apprentissage par un BEP, puis un Bac Professionnel. Après avoir exercé son métier pendant 4 ans, il décide toujours en apprentissage d'entreprendre un BTS. Il réussit et c'est alors qu'il intègre une école d'ingénieur par alternance. Jérôme s'apprête donc, à 30 ans, à occuper un poste d'ingénieur dans une grande entreprise de menuiserie. Ses compétences acquises par l'expérience feront de lui un professionnel recherché. Ce n'est pas un exemple isolé et son moteur est une motivation constante et une passion pour un métier toujours entretenue.
Enfin, Ecole et Université doivent être insérées dans la vie économique. Sans démagogie, mais sans tabou non plus on doit davantage associer les acteurs éconnomiques (entreprises, agences de développement, de recherche ...) aux formations. Une nouveauté ? Non, il existe des filières qui le font depuis 40 ans : les IUT. Leur réusite est indiscutable. Ecole et Université doivent cesser d'être l'alma mater superbement isolée pour être une une composante de la société.
Pour que l'Entreprise n'ait plus peur de l'Ecole et de l'Université. Pour que l'Ecole et l'Université ne se méfient plus de l'Entreprise.
Pour que Samia, Karim et Audrey comprennent et choisissent avec sérénité et en toute objectivité leur orientation.
Pour que chaque élève, étudiante ou étudiant construise son projet professionnel avec motivation.
Pour tous aient confiance en l'avenir.
Pour que demain soit un espoir.
