Bienvenue

Bonjour,

 

Ce blog est un outil de dialogue pour toutes celles et tous ceux qui, comme moi, sont intéressés par la vie politique et partagent les valeurs républicaines, sociales, européennes et de laïcité qui ont fondé la République et animent notre démocratie. Il nous permettra de commenter ensemble l'actualité et de formuler des réflexions et des propositions destinées à nourrir les projets futurs.

 

Dialogue et débat font avancer la société mais aussi chacune et chacun d'entre nous. Y participer est donc un acte positif comme citoyen et également à titre personnel. C'est de ce type d'engagement dont notre République a désormais besoin, pour vivre et pour être à nouveau un lieu de confiance entre le peuple et ceux qu'il a élus.

 

Nous aborderons tous les thèmes dans cet espace, actualité, vie politique bien sûr, mais également vie quotidienne, consommation et grandes questions de société.

 

A bientôt,

 

Philippe GOYER

Depuis mon dernier message sur le CPE, de nombreux événements se sont déroulés, dont on ne mesurera bien toutes les conséquences qu'à l'échelle de plusieurs mois ou années. Deux d'entre elles apparaissent immédiatement et sont profondément regrettables

La défiance vis-à-vis des institutions

C'est une habitude française que de considérer comme responsables des crises les institutions présentes. A cet égard, notre pays est un de ceux, parmi les nations démocratiques, qui a connu la plus grande instabilité institutionnelle depuis deux siècles. Le passage d'une constitution à une autre est généralement corrélé à l'émergence ou à la prépondérance d'une force politique ; il en résulte une dépendance vis-à-vis de cette force politique des institutions. Ce fut le cas pour le Second Empire (bonapartisme), la 3ème république (Parti radical-socialiste), la 4ème République (MRP et SFIO). Dans un premier temps la 5ème République n'a pas échappé à cette règle, mais l'alternance de 1981 a permis paradoxalement le renforcement des institutions, par l'appropriation par ceux-là mêmes qui l'ont combattue de la Constitution de 1958.

La crise majeure que nous traversons depuis le non au traité Constitutionnel Européen (émeutes des banlieues puis CPE) ravive le spectre d'institutions usées qu'il faudrait changer. Dans un prochain message je creuserai davantage cet aspect des choses, mais force est de constater qu'un coin est enfoncé entre le peuple et nos institutions. C'est dommage, car celles-ci, pour être opérationnelles, doivent inspirer le respect, non la méfiance.

La fracture entreprise/société

De très loin, cette conséquence de la lutte anti-CPE me paraît être la plus regrettable. Beaucoup parmi les jeunes vont avoir, pour longtemps une vision de l'entreprise dominée par la crainte et la méfiance. Il suffit de les écouter et l'on peut aussi s'apercevoir que certaines apparences le laissent accroire.

Pourtant la réalité est autre. Tous les chefs d'entreprise que je rencontre me le disent : ils ne souhaitent qu'une chose : embaucher de façon durable. Embaucher un salarié est un acte, qui , pour une entreprise, représente en particulier du temps consacré à l'intégration de ce salarié dans une équipe. Licencier sans cesse n'est a priori pas le but de l'entreprise. Flexibilité ne signifie donc pas négation de la dignité des salariés. Mais pour que tout ceci devienne évidence, il faut une croissance forte et donc de l'investissement !


Mardi 4 avril 2006
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Cela fait quelque temps que je me suis tenu éloigné de mon blog d'une part en raison d'un emploi du temps chargé, d'autre part pour me donner le temps de la réflexion et de l'analyse sur l'actualité principale, c'et-à-dire la lutte d'une très grande partie de la jeunesse française contre le CPE.

Un profond malaise des jeunes

Ce qui me frappe est que le CPE a cristallisé autour de lui toutes les peurs et les angoisses de la génération des 15-30 ans. Cette génération est en train de vivre une mutation particulièrement stressante, celle de la flexibilité. Les études que l'on fait ne mènent plus à un métier mais à plusieurs tous différents, que l'on exerceratout au long d'une carrière dont on ne peut prévoir la durée. Bref, les repères traditionnels : diplôme, profil acquis grâce à une formation, emploi en relation avec la formation suivie, durée de carrière prévisible... disparaissent les uns après les autres. Tout ceci bien sûr, s'accompagne d'un taux de chômage élevé. Comment, dès lors, s'étonner que l'inquiétude soit là ?

Comment répondre à ce malaise ?

Je pense qu'une des clés de la réponse aux angoisses des jeunes réside dans une meilleure intelligence de l'orientation. Que représente pour un jeune aujourd'hui l'orientation ? Pour beaucoup d'entre eux, lorsqu'ils sont en collège, dire d'un de leur camarades "il a été orienté" signifie : "en échec on l'a dirigé vers une filière courte". De fait tous les diplômes de type CAP, BEP apparaissent comme des choix de moindre regret, des non-choix, voire des rebuts. Quel dommage ! Car ces formations loin d'être des impasses, conduisent le plus souvent à des métiers intéressants et valorisants et pour les plus tenaces permettent de revenir ensuite vers des études plus longues. Ce même schéma se rettrouve ensuite à l'Université avec une dichotomie entre filières courtes ou longues.

En attendant, jeunesse et gouvernement continuent de ne pas s'entendre ce qui est fort dommage.


Lundi 27 mars 2006
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CPE

Depuis plusieurs jours les étudiants manifestent leur désarroi devant la "précarité". Ce terme et ces craintes étonnent ou font sourire beaucoup de nos voisins européens. Il n'y a pourtant rien d'amusant à constater le désespoir d'une très grande partie de la jeunesse. Quel avenir peut-on lui proposer ? Quels remèdes au chômage des jeunes ?

Seule une croissance soutenue pourra inverser durablement et de façon forte la tendence actuelle du chômage. Dès lors comment susciter cette croissance ? Actuellement l'économie française, et avec elle d'autres économies d'Europe, stagnent dans le "piège à croissance faible" dénoncé par Jean-Paul Arthus et de nombreux économistes. Il est dû à une gestion à très court terme des entreprises qui fait une large place à la rémunération de l'actionnariat et reste timorée quant à l'investissement, donc à l'innovation. Or c'est précisément sur l'innovation que repose la croissance de nos économies. Quelques pays l'ont compris, comme la Suède, ou plus récemment, l'Allemagne et commencent à en ressentir les bienfaits.

C'est cette politique industrielle basée sur l'innovation et l'investissement qui permettra de redémarrer des économies à faible croissance et de retrouver un niveau d'emploi plus satisfaisant. La jeunesse doit donc conserver l'espoir : la France dispose de ressources importantes dans le domaine de la recherche et du développement qui sont à la fois les fondations et les briques d'une politiques d'innovation industrielle ambitieuse. Par ailleurs, l'Union Européenne soutient et appuie ce type de politique pour tous les états qui veulent la mettre en oeuvre, alors les conditions étant réunies, allons-y !


Samedi 18 mars 2006
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