Les femmes sont nombreuses à questionner les différents mouvements politiques à propos de l'égalité homme-femme. Mais de quelle égalité parlons-nous ?
L'égalité politique ? Certes, un Parlement qui ne compte que 6 % de femmes parmi ses membres n'est pas représentatif. La loi sur la parité devrait y remédier. Toutefois, on peut regretter que la coercition financière ait dû être le moyen qui initie l'évolution des pratiques.
Mais c'est surtout dans la vie quotidienne que se joue l'égalité entre hommes et femmes. Deux sphères sont concernées : la sphère familiale et la sphère professionnelle. Le lien entre les deux est fort. Ce sont les modes de vie qui doivent évoluer pour permettre une meilleure égalité : juste partage des activités de la maison et de la famille, équilibre entre les conjoints lors des choix de vie liés à la carrière professionnelle de chacun d'eux. Bref, le rythme de vie familial, et à travers lui, la représentation des rôles masculin et féminin sont à reconsidérer. Lorsque l'équivalence homme-femme aura émergé, une étape majeure et décisive aura été franchie.
Concrètement, comment aller vers cette évolution ? L'effort pricipal doit porter sur l'évolution du rythme de vie. Des services de proximité doivent être développés de façon importante : crèches, garde et accompagnement des personnes (malades, enfants, personnes âgées...), achats de la vie quotidienne... Ici nous devons faire confiance au secteur privé. La loi de l'offre et de la demande régulera à la baisse le coût de ces services, d'autant plus qu'ils sont facilités par le CESU (Chèque Emploi Service Universel) récemment mis en place. Ainsi, les tâches traditionnellement dévolues aux femmes, seront équitablement partagées contribuant à un ample mouvement de société. N'oublions pas non plus l'inégalité salariale entre les deux sexes qui doit être corrigée.
Ce mouvement est d'autant plus nécessaire et bénéfique que les revenus sont modestes. La pression la plus forte repose actuellement sur les épaules des femmes aux faibles ressources. Trop souvent elles travaillent à temps partiel ; c'est une obligation et non un choix. Or le coût des services est encore élevé. Il appartient donc à la société, l'Etat par une fiscalité adaptée et les entreprises par une augmentation significative de l'offre des services à la personne, d'initier ce mouvement qui permettra à toutes le femmes d'envisager plus sereinement leur parcours professionnel à temps plein. Cela les conduira, à égalité avec les hommes vers un meilleur épanouissement personnel.